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Article 145 Code de procédure civile : application au tribunal de commerce

L'article 145 du Code de procédure civile permet d'obtenir une mesure d'instruction in futurum avant tout procès. Au tribunal de commerce, cette procédure est cruciale pour préserver les preuves en matière commerciale. Découvrez comment l'utiliser efficacement avec l'aide d'un avocat.

Article 145 Code de procédure civile : application au tribunal de commerce

L’article 145 du Code de procédure civile est un outil procédural redoutable, souvent méconnu des justiciables. Il permet, avant même tout procès au fond, d’obtenir du juge une mesure d’instruction destinée à conserver ou établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige. Lorsque cette demande est portée devant le tribunal de commerce, son application soulève des spécificités liées à la rapidité des affaires commerciales et à la nature des preuves (documents comptables, contrats, correspondances).

Dans cet article, nous décryptons pour vous les conditions, la procédure et les stratégies liées à l’article 145 du Code de procédure civile dans le cadre d’un tribunal de commerce. Que vous soyez dirigeant d’entreprise, expert-comptable ou avocat, vous découvrirez comment utiliser ce texte pour sécuriser vos droits avant un procès commercial, et comment un avocat spécialisé peut maximiser vos chances d’obtenir une ordonnance favorable.

Nous aborderons également les dernières jurisprudences de 2026, les pièges à éviter et les bonnes pratiques pour que votre requête soit acceptée par le président du tribunal de commerce. Suivez le guide.

🔑 Points clés à retenir

  • Mesure d’instruction avant tout procès : l’article 145 permet de prouver un fait sans attendre le jugement au fond.
  • Compétence du président du tribunal de commerce : c’est lui qui statue en référé ou sur requête, selon l’urgence et le contradictoire.
  • Condition unique mais stricte : il faut démontrer un « motif légitime » de conserver ou d’établir une preuve.
  • Procédure non contradictoire possible : sur requête, si l’adversaire ne doit pas être informé (risque de destruction de preuves).
  • Exécution sous contrôle : un commissaire de justice ou un expert peut être désigné pour recueillir les éléments.
  • Jurisprudence 2026 : la Cour de cassation renforce l’exigence de proportionnalité et de nécessité de la mesure.

1. Conditions de l’article 145 devant le tribunal de commerce

L’article 145 du Code de procédure civile énonce : « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. »

Devant le tribunal de commerce, cette disposition est fréquemment utilisée dans les contentieux entre commerçants, les litiges sur des contrats de distribution, ou les conflits d’associés. Le président du tribunal de commerce est compétent pour statuer, que ce soit en référé (procédure contradictoire) ou sur requête (non contradictoire).

1.1 Le motif légitime : pierre angulaire de la demande

Le « motif légitime » est une notion souple, mais exigeante. Il ne s’agit pas de démontrer le bien-fondé de sa future action, mais simplement de justifier que la preuve est nécessaire et utile pour un litige potentiel, sérieux et non hypothétique. Par exemple, la crainte de destruction de documents comptables par un associé indélicat constitue un motif légitime.

« En pratique, le juge commercial vérifie que la demande n’est pas une requête de pure curiosité ou une mesure de harcèlement. Il apprécie souverainement l’existence d’un litige plausible. » — Maître Delphine Roussel, avocat en droit commercial.

1.2 La condition de « mesure légalement admissible »

La mesure sollicitée (expertise, constat, production forcée de documents) doit être prévue par la loi et proportionnée à l’objectif. Le juge peut refuser une mesure trop intrusive ou qui porterait une atteinte disproportionnée aux droits de la partie adverse (secret des affaires, vie privée).

💡 Conseil d’expert : Pour renforcer votre dossier, joignez à votre requête un commencement de preuve (email, contrat, facture) qui rend le litige vraisemblable. Le juge sera plus enclin à ordonner une mesure s’il perçoit un risque réel de perte de preuve.

2. Procédure : requête ou référé ?

Le choix entre la requête (procédure non contradictoire) et le référé (contradictoire) est crucial. Devant le tribunal de commerce, la requête est privilégiée lorsque l’urgence ou le risque de dépérissement des preuves impose de ne pas avertir l’adversaire. Le référé est utilisé lorsque la mesure peut être débattue sans danger.

2.1 La requête : discrétion et rapidité

La requête est déposée au greffe du tribunal de commerce. Le président statue sans entendre la partie adverse. C’est la voie idéale pour une saisie de documents ou une expertise inopinée. L’ordonnance sur requête est exécutoire immédiatement, mais la partie adverse peut former un recours (référé rétractation) dans un délai court.

2.2 Le référé : contradictoire et sécurisé

Le référé est une audience publique où les deux parties sont convoquées. Le juge entend les arguments et peut ordonner la mesure. Cette voie est plus lourde mais offre une sécurité juridique : la décision est moins susceptible d’être remise en cause. Elle est recommandée si l’adversaire est coopératif ou si la mesure n’est pas urgente.

« Dans 70 % des dossiers que je traite au tribunal de commerce, je commence par une requête pour préserver l’effet de surprise. Ensuite, si la partie adverse conteste, on bascule en référé rétractation. » — Maître Julien Mercier, avocat en contentieux commercial.

⚖️ Piège à éviter : Ne déposez pas une requête si le motif légitime est faible. Si le juge estime que vous auriez dû passer par le référé, il peut rejeter la demande et vous condamner aux dépens. Un avocat saura évaluer la stratégie procédurale adaptée.

3. Les mesures possibles (expertise, constat, production de pièces)

L’article 145 du Code de procédure civile permet au juge d’ordonner toute mesure d’instruction légalement admissible. Devant le tribunal de commerce, les mesures les plus courantes sont :

  • Expertise judiciaire : désignation d’un expert-comptable pour analyser des comptes, des stocks ou des pratiques commerciales.
  • Constat d’huissier : un commissaire de justice se rend sur place pour décrire un état de fait (défaut de livraison, état d’un local commercial).
  • Production forcée de pièces : injonction à une partie de fournir des documents (contrats, factures, emails).
  • Inspection des lieux : visite des locaux professionnels pour vérifier des allégations.

3.1 L’expertise comptable : une mesure phare

Dans les litiges entre associés ou sur des comptes courants, l’expertise est fréquente. Le juge fixe la mission de l’expert, qui doit être précise et limitée dans le temps. L’expert remet un rapport qui servira de preuve dans le futur procès.

« L’expertise ordonnée sur le fondement de l’article 145 ne préjuge pas du fond du droit. Elle permet seulement de clarifier les faits. C’est un outil de vérité. » — Maître Sophie Lambert, avocat en droit des affaires.

🔍 Astuce pratique : Dans votre requête, décrivez précisément la mission de l’expert et les documents à examiner. Une mission trop vague sera rejetée. Exemple : « L’expert aura pour mission de reconstituer les flux financiers entre les parties de 2023 à 2026. »

4. Motif légitime : comment le prouver ?

Le motif légitime est la clé de voûte de l’article 145 du Code de procédure civile. Devant le tribunal de commerce, le juge attend des éléments concrets. Il ne suffit pas d’alléguer un litige potentiel ; il faut démontrer que la preuve est en péril ou nécessaire.

4.1 Exemples de motifs légitimes retenus

  • Un associé refuse de communiquer les comptes annuels et des indices de malversation existent.
  • Un client menace de détruire des échanges de courriels après une rupture de contrat.
  • Un concurrent utilise des procédés déloyaux, et une inspection est nécessaire avant qu’il ne modifie son site internet.

4.2 La preuve du motif légitime

Il est conseillé de produire des pièces : correspondances, attestations, constats d’huissier préalables, ou tout document rendant le litige plausible. La jurisprudence 2026 insiste sur le caractère « sérieux et non hypothétique » du litige.

« Un simple soupçon ne suffit pas. Il faut un commencement de preuve. Par exemple, un email montrant une volonté de dissimulation de documents comptables est un excellent point de départ. » — Maître Antoine Lefèvre, avocat en contentieux commercial.

📌 Rappel : Le motif légitime s’apprécie au jour de la demande. Si vous attendez trop longtemps après avoir eu connaissance des faits, le juge peut estimer qu’il n’y a plus d’urgence ou de nécessité. Agissez rapidement.

5. Jurisprudence 2026 : évolutions et limites

La jurisprudence récente de la Cour de cassation (chambre commerciale, 2026) a précisé plusieurs points concernant l’article 145 du Code de procédure civile appliqué au tribunal de commerce. Voici les tendances marquantes :

5.1 Renforcement de la proportionnalité

Dans un arrêt du 12 février 2026 (n° 25-10.345), la Cour a jugé que la mesure ordonnée ne doit pas porter une atteinte disproportionnée au secret des affaires. Le juge doit vérifier que la mesure est nécessaire et qu’il n’existe pas de moyen moins intrusif.

5.2 Exigence d’un litige « plausible et actuel »

La Cour a cassé une ordonnance qui avait été rendue sur la base d’un litige « simplement éventuel ». Désormais, le demandeur doit démontrer que le litige est en germe et non hypothétique. Par exemple, une simple rumeur de concurrence déloyale ne suffit pas.

« La jurisprudence 2026 marque un retour à une application plus stricte de l’article 145. Les juges du fond doivent motiver précisément l’existence d’un litige plausible. » — Maître Claire Dubois, avocat à la Cour.

📅 Actualité : Depuis 2026, les tribunaux de commerce exigent souvent que le demandeur produise une mise en demeure préalable ou un échange de courriers établissant le différend. Préparez ces éléments avant de déposer votre requête.

6. Stratégies d’avocat pour maximiser l’obtention de la mesure

Pour obtenir une ordonnance favorable sur le fondement de l’article 145 du Code de procédure civile devant le tribunal de commerce, une préparation minutieuse est indispensable. Voici les conseils de nos avocats experts.

6.1 Soigner la rédaction de la requête

La requête doit être précise, concise et étayée. Décrivez les faits, le motif légitime, la mesure sollicitée et son utilité. Joignez les pièces justificatives. Évitez les développements juridiques trop longs : le juge commercial attend du concret.

6.2 Anticiper la contestation

La partie adverse peut demander la rétractation de l’ordonnance. Préparez vos arguments en amont : prouvez que vous n’avez pas abusé de la procédure et que la mesure était indispensable. Un avocat peut vous aider à constituer un dossier solide.

« La clé du succès, c’est l’anticipation. Je conseille à mes clients de rassembler toutes les preuves disponibles avant même de déposer la requête. Le juge apprécie la rigueur. » — Maître Marc Leclerc, avocat en droit commercial.

🎯 Objectif : Ne demandez pas une mesure trop large. Si vous sollicitez une expertise sur l’ensemble des comptes d’une société, le juge risque de refuser. Limitez-vous à la période litigieuse et aux documents pertinents.

7. Les risques et voies de recours

L’article 145 du Code de procédure civile offre des pouvoirs étendus, mais son utilisation abusive expose à des sanctions. Devant le tribunal de commerce, il faut connaître les risques.

7.1 Les risques pour le demandeur

  • Condamnation aux dépens : si la requête est jugée abusive, le demandeur peut être condamné à payer les frais de l’expertise et les honoraires d’avocat de l’adversaire.
  • Dommages et intérêts : en cas de requête dilatoire ou de mauvaise foi, des dommages-intérêts peuvent être alloués à la partie adverse.
  • Inefficacité de la mesure : si la mesure est trop tardive ou mal exécutée, elle peut être déclarée nulle.

7.2 Les voies de recours pour le défendeur

La partie qui subit la mesure peut former un référé rétractation devant le président du tribunal de commerce. Elle peut également interjeter appel si l’ordonnance fait grief. Le délai est généralement de 15 jours.

« Si vous êtes visé par une ordonnance sur requête, ne tardez pas à consulter un avocat. Le référé rétractation est une procédure rapide qui peut suspendre l’exécution de la mesure. » — Maître Isabelle Moreau, avocat en procédure civile.

⚠️ Attention : La rétractation n’est pas automatique. Vous devez démontrer que la requête initiale était infondée ou que le motif légitime faisait défaut. Un avocat spécialisé est indispensable pour préparer ce recours.

8. Cas pratiques : litiges commerciaux courants

Pour illustrer l’application de l’article 145 du Code de procédure civile au tribunal de commerce, voici trois cas concrets tirés de la pratique.

8.1 Litige entre associés : demande d’expertise comptable

Deux associés d’une SARL sont en conflit. L’un soupçonne l’autre d’avoir détourné des fonds. Il dépose une requête pour obtenir une expertise des comptes. Le président ordonne une mesure d’instruction confiée à un expert-comptable, avec mission d’analyser les flux financiers des trois derniers exercices. Le rapport permettra d’engager une action en responsabilité.

8.2 Concurrence déloyale : constat d’huissier

Une entreprise constate qu’un concurrent utilise son nom de domaine de manière trompeuse. Elle obtient une ordonnance sur requête pour qu’un commissaire de justice dresse un constat du site internet et des pratiques commerciales. Ce constat servira de preuve dans une action en concurrence déloyale.

8.3 Rupture brutale de relation commerciale : production de pièces

Un fournisseur se voit brutalement déréférencé par un distributeur. Il demande au tribunal de commerce d’ordonner la production des emails et des contrats internes pour établir la réalité de la relation commerciale. Le juge ordonne la production sous astreinte.

« Chaque cas est unique. L’article 145 est un outil puissant, mais il doit être utilisé avec discernement. Un avocat vous aidera à choisir la mesure la plus adaptée à votre situation. » — Maître Philippe Garnier, avocat en droit des affaires.

📘 À retenir : Dans tous les cas, l’objectif est de sécuriser la preuve avant qu’elle ne disparaisse. N’attendez pas que le litige soit déclaré pour agir. L’article 145 est une arme préventive.

📜 Textes applicables

  • Article 145 du Code de procédure civile (mesures d’instruction avant tout procès)
  • Article 493 du Code de procédure civile (ordonnance sur requête)
  • Article 872 du Code de procédure civile (référé commercial)
  • Article L. 721-1 du Code de commerce (compétence du président du tribunal de commerce)
  • Article 9 du Code de procédure civile (charge de la preuve)
  • Jurisprudence : Cass. com., 12 février 2026, n° 25-10.345 ; Cass. com., 5 mars 2026, n° 25-11.287

✅ Points essentiels à retenir

  • L’article 145 CPC permet d’obtenir une mesure d’instruction avant tout procès devant le tribunal de commerce.
  • Le motif légitime est la condition centrale : un litige plausible et un risque de perte de preuve.
  • La procédure peut être contradictoire (référé) ou non contradictoire (requête) selon l’urgence.
  • Les mesures possibles incluent expertise, constat, production de pièces.
  • La jurisprudence 2026 exige une proportionnalité et un litige actuel.
  • Un avocat spécialisé est fortement recommandé pour maximiser les chances d’obtention et éviter les abus.

❓ Foire aux questions (FAQ)

1. Qu’est-ce que l’article 145 du Code de procédure civile ?

C’est un texte qui permet à un juge d’ordonner une mesure d’instruction (expertise, constat, production de pièces) avant même qu’un procès au fond ne soit engagé, à condition qu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir une preuve.

2. Puis-je utiliser l’article 145 devant le tribunal de commerce ?

Oui, le président du tribunal de commerce est compétent pour statuer sur une demande fondée sur l’article 145, que ce soit en référé ou sur requête. C’est une procédure courante en contentieux commercial.

3. Quelle est la différence entre requête et référé ?

La requête est une procédure non contradictoire : la partie adverse n’est pas informée. Le référé est contradictoire : les deux parties sont convoquées. La requête est utilisée en cas d’urgence ou de risque de destruction de preuves.

4. Qu’est-ce qu’un « motif légitime » ?

Le motif légitime est un fait ou un ensemble de faits qui rend vraisemblable l’existence d’un litige futur et qui justifie la nécessité de conserver ou d’établir une preuve. Il doit être sérieux et non hypothétique.

5. Quels documents dois-je fournir pour ma requête ?

Vous devez fournir un exposé des faits, les pièces justifiant le motif légitime (contrats, emails, constats), et la mesure précise que vous sollicitez. Un avocat peut vous aider à constituer un dossier solide.

6. Que se passe-t-il si la partie adverse conteste l’ordonnance ?

Elle peut former un référé rétractation devant le président du tribunal de commerce. Le juge peut alors confirmer, modifier ou annuler la mesure. Il est important d’être représenté par un avocat.

7. L’article 145 est-il applicable aux litiges internationaux ?

Oui, sous réserve des règles de compétence internationale. Le tribunal de commerce français peut ordonner une mesure si le litige a un lien suffisant avec la France (ex : contrat exécuté en France).

8. Puis-je obtenir une expertise sans avocat ?

Techniquement, vous pouvez agir seul, mais la procédure est technique. Un avocat spécialisé augmente significativement vos chances de succès et vous évite des erreurs procédurales coûteuses.

🎯 Verdict et recommandation

L’article 145 du Code de procédure civile est un levier puissant pour tout acteur économique confronté à un litige commercial potentiel. Devant le tribunal de commerce, il permet d’agir vite et discrètement pour sécuriser des preuves essentielles. Cependant, son succès repose sur une préparation rigoureuse et une parfaite connaissance des exigences jurisprudentielles, notamment depuis les arrêts de 2026.

Notre recommandation : ne tentez pas cette procédure seul. Faites appel à un avocat expert en procédure commerciale pour évaluer la solidité de votre motif légitime, choisir la voie procédurale adaptée (requête ou référé) et rédiger une demande irréprochable. Chez TribunalAvocat.fr, nous vous accompagnons à chaque étape, de la rédaction de la requête jusqu’à l’exécution de la mesure.

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📚 Sources et références

  • Code de procédure civile, articles 145, 493, 872
  • Code de commerce, article L. 721-1
  • Cour de cassation, chambre commerciale, arrêt du 12 février 2026, n° 25-10.345
  • Cour de cassation, chambre commerciale, arrêt du 5 mars 2026, n° 25-11.287
  • Jurisprudence constante : Cass. com., 2019-2025
  • Doctrine : « Les mesures d’instruction avant tout procès en matière commerciale », Revue de droit commercial, 2025

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