Article 873 du Code de procédure civile devant le tribunal d’instance
L’article 873 du Code de procédure civile régit la procédure accélérée au fond devant le tribunal d’instance. Découvrez son champ d’application, les conditions de saisine et les délais à respecter pour obtenir une décision rapide.

L’article 873 du Code de procédure civile tribunal d’instance constitue un levier stratégique majeur pour tout justiciable confronté à une urgence ou à une demande de provision. Cet article, spécifique à la procédure devant le juge des référés du tribunal d’instance (désormais intégré au tribunal judiciaire depuis 2020, mais toujours appliqué selon les règles antérieures pour les litiges de proximité), permet d’obtenir une décision rapide sans attendre des mois. Comprendre son mécanisme est essentiel pour ne pas perdre vos droits, surtout lorsque le temps joue contre vous.
Dans cet article, nous décryptons chaque alinéa de l’article 873 du Code de procédure civile tribunal d’instance, ses conditions d’application, les pièges à éviter, et la jurisprudence récente de 2026. Que vous soyez demandeur ou défendeur, cette analyse vous fournira les clés pour préparer efficacement votre audience de référé.
Notre cabinet, TribunalAvocat.fr, vous accompagne dans toutes les étapes, de la rédaction de l’assignation à l’exécution de l’ordonnance. Ne laissez pas une procédure mal maîtrisée compromettre votre affaire.
Points clés couverts dans cet article
- Conditions strictes de l’urgence et de l’absence de contestation sérieuse
- Différence entre référé provision et référé injonction
- Compétence territoriale et matérielle du juge des référés
- Délais et procédure d’assignation à jour fixe
- Jurisprudence 2026 : exemples concrets d’application
- Erreurs fréquentes à éviter pour maximiser vos chances
- Rôle de l’avocat dans la stratégie de référé
- Exécution provisoire et voies de recours
1. Présentation générale de l’article 873 du Code de procédure civile
L’article 873 du Code de procédure civile tribunal d’instance est le texte fondateur du référé devant le juge de proximité. Il énonce : « Dans tous les cas d’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. » Cet article offre une voie rapide pour obtenir une décision provisoire, sans attendre le jugement au fond.
Historiquement applicable au tribunal d’instance, il continue de s’appliquer aux litiges de la vie courante : impayés de loyer, troubles de voisinage, conflits de copropriété, ou demandes de provision pour créance non contestable. Depuis la fusion des tribunaux d’instance et de grande instance en 2020, le juge des référés du tribunal judiciaire exerce ces attributions, mais les règles de l’article 873 restent inchangées.
« L’article 873 est l’arme du justiciable pressé. Mais attention : l’urgence ne suffit pas. Il faut aussi que la créance soit certaine, liquide et exigible, ou que la mesure sollicitée soit indispensable pour prévenir un dommage imminent. » — Maître Lefèvre, avocat au barreau de Paris.
2. Conditions pour obtenir une ordonnance sur le fondement de l’article 873
Le juge des référés ne peut statuer que si deux conditions cumulatives sont réunies : l’urgence et l’absence de contestation sérieuse. La jurisprudence de 2026 rappelle que ces notions sont interprétées strictement.
2.1 L’urgence : une notion relative mais indispensable
L’urgence s’apprécie in concreto. Elle peut résulter d’un péril imminent (ex : péril locatif, coupure d’électricité abusive) ou d’un dommage irréversible (ex : destruction de preuves, vente d’un bien litigieux). Depuis 2025, la Cour de cassation a précisé que l’urgence ne se présume pas : le demandeur doit démontrer que l’attente du jugement au fond causerait un préjudice grave.
2.2 L’absence de contestation sérieuse
Une contestation sérieuse est une contestation qui n’est pas manifestement infondée. Si le défendeur soulève un argument juridique plausible (ex : prescription, nullité du contrat), le juge des référés doit se déclarer incompétent et renvoyer au fond. Exemple récent (CA Versailles, 2026) : une demande de provision fondée sur un contrat de prêt a été rejetée car l’emprunteur contestait la validité de la clause de taux effectif global.
« Ne confondez pas “contestation sérieuse” et “simple dénégation”. Le défendeur doit apporter des éléments objectifs. Mais si le débat est trop technique, le juge des référés se retire. » — Maître Dubois, spécialiste en contentieux civil.
3. Les pouvoirs du juge des référés : provision et injonction
L’article 873 du Code de procédure civile tribunal d’instance confère au juge deux types de pouvoirs : ordonner des mesures provisoires (injonctions) et allouer une provision. Ces pouvoirs sont limités par l’urgence et l’absence de contestation sérieuse.
3.1 La provision : une avance sur le fond
Le juge peut condamner le défendeur à verser une somme d’argent à titre de provision, dès lors que la créance n’est pas sérieusement contestable. Exemples : loyer impayé, factures de travaux non réglées, indemnité d’assurance non versée. La provision ne peut excéder le montant de la créance alléguée. En 2026, la Cour d’appel de Lyon a accordé une provision de 15 000 € à un locataire pour vice caché, car le propriétaire avait reconnu le défaut dans un courrier.
3.2 Les mesures d’injonction
Le juge peut ordonner toute mesure nécessaire pour faire cesser un trouble manifestement illicite (ex : faire cesser un bruit excessif, rétablir l’alimentation en eau, ou interdire une vente aux enchères). Ces mesures sont exécutoires de plein droit à titre provisoire.
« Attention : le juge des référés ne peut pas trancher le fond du litige. Il ne peut que prendre des mesures conservatoires ou provisoires. Si la contestation est sérieuse, il doit se déclarer incompétent. » — Maître Moreau, avocat en procédure civile.
4. Procédure et délais devant le tribunal d’instance (référé)
La procédure de référé est rapide, mais elle obéit à des règles strictes. Voici les étapes clés pour une assignation en référé devant le tribunal judiciaire (ex-tribunal d’instance).
4.1 L’assignation en référé
L’assignation doit être délivrée par huissier de justice et comporter les mentions obligatoires (article 56 CPC) : exposé des motifs d’urgence, fondement juridique (article 873), pièces justificatives. Le délai de comparution est généralement de 15 jours à 1 mois. Depuis 2026, la procédure dématérialisée via le RPVA est obligatoire pour les avocats.
4.2 L’audience et la décision
L’audience se déroule en chambre du conseil ou en audience publique selon la nature de l’affaire. Le juge entend les parties et rend une ordonnance de référé, généralement dans les 8 jours. L’ordonnance est exécutoire de plein droit à titre provisoire (article 514 CPC), sauf si le juge l’écarte.
4.3 Les frais
Les frais d’assignation et d’avocat restent à la charge du demandeur, sauf si le juge condamne le défendeur aux dépens et à une indemnité au titre de l’article 700 CPC. En 2026, le montant moyen alloué est de 1 500 à 3 000 € pour une affaire simple.
« Ne sous-estimez pas l’importance de l’assignation. Une erreur de compétence ou un défaut de motivation peut faire échouer votre référé. Faites-la relire par un avocat. » — Maître Petit, avocat en contentieux.
5. Jurisprudence 2026 : exemples d’application de l’article 873
Voici trois décisions récentes illustrant l’application de l’article 873 du Code de procédure civile tribunal d’instance en 2026.
5.1 Référé provision pour loyers impayés
Tribunal judiciaire de Lille, ordonnance du 14 janvier 2026 : un bailleur a obtenu une provision de 8 500 € pour loyers impayés. Le locataire contestait la validité du bail, mais le juge a estimé que le contrat était clair et que le locataire n’apportait pas de preuve de vice du consentement. L’urgence était caractérisée par le risque d’expulsion.
5.2 Injonction pour trouble de voisinage
CA de Rennes, 5 mars 2026 : un propriétaire a obtenu l’interdiction pour son voisin d’utiliser une pompe à chaleur générant des nuisances sonores excessives (60 dB la nuit). Le juge a ordonné une mise en conformité sous 15 jours, sous astreinte de 200 € par jour de retard.
5.3 Rejet pour contestation sérieuse
Tribunal judiciaire de Marseille, 20 avril 2026 : une demande de provision de 20 000 € pour des travaux de rénovation a été rejetée. Le défendeur avait produit une expertise contradictoire remettant en cause la qualité des travaux. Le juge a renvoyé au fond.
« Ces exemples montrent que le juge des référés est pragmatique. Il accorde la provision quand la créance est évidente, mais se retire dès que le débat devient technique. » — Maître Legrand, avocat en droit immobilier.
6. Erreurs à éviter et conseils pratiques
Voici les erreurs les plus fréquentes commises par les justiciables lors d’une procédure basée sur l’article 873 du Code de procédure civile tribunal d’instance.
- Négliger l’urgence : Sans preuve d’urgence, le juge rejette la demande. Exemple : attendre 3 mois pour agir après un impayé.
- Confondre référé et fond : Le juge des référés ne peut pas trancher le litige principal. Ne demandez pas une indemnisation définitive.
- Oublier les pièces justificatives : Un dossier vide mène à un rejet. Fournissez un bordereau de pièces complet.
- Ignorer la compétence territoriale : Le référé doit être porté devant le tribunal du lieu du domicile du défendeur ou du lieu du litige.
- Ne pas anticiper l’exécution : Si le défendeur ne paie pas, il faut engager une saisie. Préparez un titre exécutoire.
« L’erreur la plus coûteuse est de croire que le référé est une procédure simpliste. Elle est rapide, mais technique. Un avocat spécialisé peut faire la différence entre une ordonnance favorable et un rejet. » — Maître Bernard.
7. Exécution de l’ordonnance et voies de recours
Une fois l’ordonnance rendue, elle est exécutoire provisoirement, même en cas d’appel. Toutefois, le défendeur peut demander au premier président de la cour d’appel de suspendre l’exécution en cas de risque de conséquences manifestement excessives.
7.1 L’exécution provisoire
L’article 514 CPC pose le principe de l’exécution provisoire de droit. Le juge peut toutefois l’écarter si elle risque d’entraîner des conséquences irréversibles. En 2026, la Cour de cassation a rappelé que l’exécution provisoire ne peut être écartée que pour des motifs graves.
7.2 L’appel
L’ordonnance de référé est susceptible d’appel dans un délai de 15 jours à compter de sa notification. L’appel n’est pas suspensif, sauf décision contraire du premier président. Il est recommandé de faire appel si le juge a commis une erreur manifeste d’appréciation.
« L’appel d’une ordonnance de référé est risqué : vous devez démontrer que le juge a violé l’article 873. Si vous perdez, vous risquez une amende civile pour appel abusif. » — Maître Durand.
8. Questions fréquentes sur l’article 873
Q1 : Puis-je utiliser l’article 873 pour une dette de moins de 5 000 € ?
Oui, le référé est ouvert sans seuil minimal. Toutefois, pour les petites créances, le juge peut estimer que l’urgence n’est pas caractérisée si le créancier a attendu plusieurs mois.
Q2 : Le juge des référés peut-il ordonner une expertise ?
Non, l’article 873 ne permet pas d’ordonner une mesure d’instruction. Pour cela, il faut se fonder sur l’article 145 CPC (référé in futurum).
Q3 : Que faire si l’adversaire ne comparait pas ?
Le juge peut statuer par défaut. Vous obtiendrez une ordonnance réputée contradictoire, exécutoire immédiatement. Veillez à signifier l’assignation à sa personne.
Q4 : L’article 873 s’applique-t-il aux litiges entre particuliers et administrations ?
Non, les litiges avec l’administration relèvent du tribunal administratif. Le référé civil ne concerne que les litiges de droit privé.
Q5 : Puis-je obtenir une provision si le contrat est nul ?
Non, car la nullité constitue une contestation sérieuse. Le juge des référés ne peut pas se prononcer sur la validité du contrat.
Q6 : Quel est le délai pour exécuter l’ordonnance ?
L’ordonnance est exécutoire immédiatement. Si le défendeur ne paie pas, vous pouvez saisir un huissier dans les 2 ans (délai de prescription de l’exécution).
Q7 : L’article 873 est-il identique à l’article 808 CPC (ancien tribunal de grande instance) ?
Oui, les textes sont quasiment identiques. L’article 808 s’applique désormais au tribunal judiciaire, mais l’article 873 reste invoqué pour les litiges de proximité.
Q8 : Puis-je me passer d’avocat pour un référé devant le tribunal d’instance ?
Devant le tribunal judiciaire, l’avocat est obligatoire depuis 2020. Toutefois, pour les litiges inférieurs à 10 000 €, la représentation n’est pas obligatoire, mais fortement conseillée.
Textes applicables
- Article 873 du Code de procédure civile : « Dans tous les cas d’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. »
- Article 872 CPC : Compétence du juge des référés pour les mesures d’instruction.
- Article 514 CPC : Exécution provisoire de droit des ordonnances de référé.
- Article 700 CPC : Frais irrépétibles.
- Article 145 CPC : Référé in futurum pour mesure d’instruction.
- Loi n°2019-222 du 23 mars 2019 : Fusion des tribunaux d’instance et de grande instance.
Points essentiels à retenir
- L’article 873 permet d’obtenir une provision ou une injonction en urgence, à condition qu’il n’y ait pas de contestation sérieuse.
- L’urgence doit être démontrée par des faits précis (péril imminent, dommage irréversible).
- Le juge des référés ne tranche pas le fond : il prend des mesures provisoires.
- L’ordonnance est exécutoire immédiatement, même en cas d’appel.
- Un avocat spécialisé maximise vos chances de succès, surtout en cas de contestation.
- La jurisprudence 2026 confirme une application stricte mais pragmatique du texte.
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L’article 873 du Code de procédure civile tribunal d’instance est un outil puissant, mais son succès repose sur une préparation minutieuse. Ne laissez pas l’urgence vous faire perdre de vue les exigences légales. Faites appel à un avocat expérimenté pour évaluer votre dossier, rédiger une assignation solide et vous représenter à l’audience.
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Sources et jurisprudence 2026
- CA Versailles, 12 janvier 2026, n°25/00012 : contestation sérieuse sur un contrat de prêt.
- TJ Lille, 14 janvier 2026, n°26/00145 : provision pour loyers impayés.
- CA Rennes, 5 mars 2026, n°26/00321 : injonction pour trouble de voisinage.
- TJ Marseille, 20 avril 2026, n°26/00456 : rejet pour contestation sérieuse (expertise contradictoire).
- Cour de cassation, 2e civ., 10 juin 2026, n°25-10.789 : rappel des conditions de l’urgence.
- CA Paris, 1er juillet 2026, n°26/00789 : exécution provisoire et conséquences manifestement excessives.


