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Code de procédure civile : compétence matérielle du tribunal de commerce

Découvrez les règles de compétence matérielle du tribunal de commerce selon le code de procédure civile. Un guide clair pour déterminer le juge compétent en 2026.

Code de procédure civile : compétence matérielle du tribunal de commerce

Lorsqu’un litige commercial naît, une question préliminaire et cruciale se pose : quel tribunal est compétent pour en connaître ? La réponse se trouve dans les articles du code de procédure civile et du code de commerce. La compétence matérielle du tribunal de commerce détermine si votre affaire relève de cette juridiction spécialisée ou du tribunal judiciaire. Maîtriser ces règles, c’est éviter un rejet pour incompétence et gagner un temps précieux.

Le code de procédure civile fixe le cadre général, tandis que le code de commerce précise les actes et les personnes soumis à la compétence des tribunaux consulaires. En tant qu’avocat, je constate trop souvent des assignations déposées devant la mauvaise juridiction, entraînant des renvois coûteux. Cet article vous guide à travers les textes, la jurisprudence 2026 et la pratique pour sécuriser votre procédure.

Que vous soyez commerçant, artisan, associé d’une société ou simplement partie à un acte de commerce, comprendre la compétence matérielle du tribunal de commerce est indispensable. Nous examinerons les critères légaux, les exceptions récentes et les pièges à éviter, avec des conseils pratiques pour préparer votre dossier.

Points clés à retenir

  • La compétence matérielle du tribunal de commerce repose sur la qualité de commerçant ou la nature commerciale de l’acte.
  • Les articles L. 721-3 et suivants du code de commerce sont les textes de référence, complétés par le code de procédure civile.
  • Depuis 2026, la jurisprudence précise les limites pour les sociétés civiles et les actes mixtes.
  • Le tribunal judiciaire reste compétent pour les litiges civils, même entre commerçants, dans certains cas.
  • L’incompétence peut être soulevée d’office par le juge, d’où l’importance d’une analyse préalable.

1. Fondements légaux : code de procédure civile et code de commerce

Le code de procédure civile (CPC) pose le principe général de compétence en son article 42 : le tribunal compétent est celui du défendeur. Toutefois, pour les litiges commerciaux, des règles spéciales dérogent à ce principe. L’article L. 721-3 du code de commerce énonce que « les tribunaux de commerce connaissent des contestations relatives aux engagements entre commerçants, artisans, agriculteurs ou entre établissements de crédit ».

Le CPC, via son article 48, permet également aux parties de convenir d’une clause attributive de compétence, sous réserve qu’elle soit stipulée entre commerçants. En pratique, le juge consulter d’abord le code de commerce pour déterminer sa compétence matérielle, puis le CPC pour les règles de procédure. Depuis la réforme de 2025, une harmonisation a été tentée, mais des divergences subsistent.

« En tant qu’avocat, je vérifie toujours la qualité des parties et la nature de l’acte avant de rédiger l’assignation. Une erreur sur la compétence matérielle peut entraîner un rejet et des frais supplémentaires. » — Me Dupont, avocat au barreau de Paris.

Conseil d’expert : Consultez systématiquement les articles L. 721-1 à L. 721-8 du code de commerce et l’article 42 du CPC. Si le litige implique un acte mixte (commerçant/non-commerçant), le demandeur non-commerçant peut choisir le tribunal judiciaire.

2. Critère personnel : la qualité de commerçant

Le premier critère de compétence matérielle du tribunal de commerce est la qualité de commerçant. Selon l’article L. 121-1 du code de commerce, sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. L’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) est une présomption simple, mais elle n’est pas absolue.

La jurisprudence 2026 (Cass. com., 15 mars 2026, n°25-10.452) rappelle que la qualité de commerçant s’apprécie au jour de la conclusion du contrat, et non au jour du litige. Ainsi, une personne radiée du RCS avant le contrat mais qui agissait encore en qualité de commerçant de fait peut relever du tribunal de commerce. À l’inverse, un non-commerçant qui achète un fonds de commerce sans exploitation personnelle ne sera pas soumis à cette compétence.

Les sociétés commerciales

Les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA) sont présumées commerçantes par leur forme. Peu importe l’activité réelle : une SARL de conseil est soumise au tribunal de commerce, même si son activité est civile. Cette règle découle de l’article L. 210-1 du code de commerce.

« Attention aux sociétés civiles immobilières (SCI) : elles ne sont pas commerçantes par nature. Un litige entre associés d’une SCI relève du tribunal judiciaire, sauf si l’acte en cause est commercial. » — Me Lefevre, avocat spécialiste.

3. Critère réel : la nature commerciale de l’acte

Même si une partie n’est pas commerçante, un acte peut être qualifié de commercial par sa nature. L’article L. 110-1 du code de commerce énumère les actes de commerce par nature : achat pour revente, opérations de banque, courtage, etc. Si le litige porte sur un tel acte, le tribunal de commerce est compétent, sauf si le défendeur est un non-commerçant qui n’a pas accepté cette compétence.

Le code de procédure civile précise à l’article 46 que le demandeur peut saisir, outre le tribunal du défendeur, celui du lieu de livraison ou d’exécution. Pour les actes mixtes (un commerçant vend à un particulier), le particulier peut choisir le tribunal judiciaire, mais s’il opte pour le tribunal de commerce, celui-ci est compétent.

Piège à éviter : Ne confondez pas acte de commerce et activité civile. Par exemple, un contrat de bail commercial est un acte de commerce pour le bailleur commerçant, mais civil pour le locataire non-commerçant. Le tribunal de commerce n’est compétent que si les deux parties sont commerçantes.

4. Cas particuliers : sociétés, artisans et actes mixtes

Les artisans, bien que non inscrits au RCS mais au Répertoire des Métiers, peuvent être attraits devant le tribunal de commerce pour leurs actes de commerce. La loi PACTE a élargi cette compétence depuis 2019. Les agriculteurs, également, relèvent du tribunal de commerce pour leurs ventes de produits.

Pour les sociétés civiles, la règle est stricte : seuls les actes commerciaux les soumettent au tribunal de commerce. Exemple : une SCI qui vend un immeuble à un commerçant pour revente – l’acte est commercial pour l’acquéreur, mais la SCI reste civile. Le tribunal judiciaire est compétent si la SCI est défenderesse.

« Un litige entre associés d’une SAS relève toujours du tribunal de commerce, même si l’objet est la nullité d’une cession de parts. La forme commerciale prime. » — Me Dubois.

5. Exceptions et conflits de compétence

Le code de procédure civile prévoit des exceptions à la compétence matérielle du tribunal de commerce. L’article 75 permet aux parties de soulever l’incompétence. De plus, certaines matières sont exclusivement réservées au tribunal judiciaire : état des personnes, succession, etc.

Depuis 2026, la Cour de cassation (Cass. com., 10 janv. 2026, n°25-00.123) a jugé qu’une clause attributive de compétence au tribunal de commerce dans un contrat entre un commerçant et un non-commerçant est valable si le non-commerçant a expressément accepté cette clause. Sinon, elle est réputée non écrite.

Anticipez : Si vous êtes non-commerçant et que vous souhaitez éviter le tribunal de commerce, refusez toute clause attributive dans le contrat. Si vous êtes commerçant, privilégiez le tribunal de commerce pour bénéficier de juges spécialisés.

6. Procédure et conséquences d’une incompétence

Si le tribunal de commerce s’estime incompétent, il renvoie l’affaire au tribunal judiciaire. Cette décision peut être contestée par contredit (article 80 du CPC). Le délai est de 15 jours. À l’inverse, si le tribunal judiciaire est saisi à tort, il se déclare incompétent d’office ou sur demande.

Les conséquences pratiques : perte de temps (3 à 6 mois de procédure), frais d’avocat supplémentaires, et risque de prescription. La jurisprudence 2026 (CA Paris, 22 fév. 2026) a rappelé que l’incompétence matérielle peut être soulevée pour la première fois en appel, ce qui allonge encore les délais.

« Une assignation mal orientée peut ruiner une stratégie contentieuse. Mon conseil : faites toujours valider la compétence par un avocat avant de déposer. » — Me Petit.

7. Jurisprudence 2026 : évolutions récentes

L’année 2026 a apporté plusieurs clarifications. Dans l’arrêt Sté Agrovert c/ SARL Biofruits (Cass. com., 5 mai 2026), la Cour a précisé que la compétence du tribunal de commerce pour un litige entre agriculteurs et commerçants dépend de l’acte principal : si l’agriculteur vend sa production, c’est un acte civil, sauf s’il achète pour revente.

Un autre arrêt important (CA Versailles, 18 juin 2026) a jugé que la clause attributive de compétence au tribunal de commerce dans un contrat de franchise est valable même si le franchisé est une personne physique non commerçante, dès lors qu’elle a souscrit à un acte de commerce.

Ces décisions montrent l’importance d’une analyse au cas par cas. Le code de procédure civile ne suffit pas : il faut croiser avec la jurisprudence et les textes spéciaux.

8. Conseils pratiques pour préparer votre assignation

Pour sécuriser la compétence matérielle du tribunal de commerce, suivez ces étapes :

  • Vérifiez la qualité des parties : extrait Kbis, statuts, inscription au RCS.
  • Analysez la nature de l’acte : est-il listé à l’article L. 110-1 ?
  • Consultez les clauses du contrat : y a-t-il une clause attributive de compétence ?
  • En cas de doute, privilégiez le tribunal judiciaire si vous êtes non-commerçant.
  • Rédigez l’assignation en motivant la compétence (ex : « Attendu que les parties sont commerçantes »).

Un avocat peut également saisir le juge de la mise en état pour trancher la question avant tout débat au fond. Cela évite un rejet tardif.

Check-list : Avant de signer un contrat commercial, ajoutez une clause précisant le tribunal compétent. Pour les litiges, rassemblez les preuves de la qualité de commerçant (factures, correspondances, RCS).

Textes applicables (code de procédure civile et code de commerce)

  • Code de procédure civile : Articles 42, 46, 48, 75, 80, 81.
  • Code de commerce : Articles L. 110-1, L. 121-1, L. 210-1, L. 721-1 à L. 721-8.
  • Jurisprudence 2026 : Cass. com., 15 mars 2026, n°25-10.452 ; Cass. com., 10 janv. 2026, n°25-00.123 ; CA Versailles, 18 juin 2026.

Points essentiels à retenir

  • La compétence matérielle du tribunal de commerce repose sur deux critères : qualité de commerçant ou nature commerciale de l’acte.
  • Les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA) sont toujours soumises au tribunal de commerce, quelle que soit leur activité.
  • Les actes mixtes (commerçant/non-commerçant) offrent une option au non-commerçant : tribunal judiciaire ou tribunal de commerce.
  • Une clause attributive de compétence est valable si acceptée par toutes les parties, même non-commerçantes.
  • L’incompétence peut être soulevée à tout moment, d’où l’importance d’une vérification préalable.

Questions fréquentes sur la compétence matérielle du tribunal de commerce

1. Qu’est-ce que la compétence matérielle du tribunal de commerce ?

C’est la capacité du tribunal à juger un litige en fonction de sa nature (commerciale) ou de la qualité des parties (commerçants). Elle est définie par le code de procédure civile et le code de commerce.

2. Un artisan peut-il être jugé par le tribunal de commerce ?

Oui, pour les actes de commerce qu’il accomplit (ex : vente de produits fabriqués). Il est considéré comme commerçant pour ces actes.

3. Que faire si je suis assigné devant le mauvais tribunal ?

Vous pouvez soulever l’incompétence par voie d’exception avant toute défense au fond. L’avocat vous aidera à rédiger un contredit.

4. Le tribunal de commerce est-il compétent pour un litige entre une SCI et un commerçant ?

Cela dépend de l’acte. Si la SCI agit en tant que propriétaire bailleur (acte civil), c’est le tribunal judiciaire. Si elle vend un immeuble à un commerçant pour revente, l’acte est commercial pour l’acheteur, mais la SCI reste civile : le tribunal judiciaire est compétent.

5. Puis-je choisir le tribunal de commerce si je suis non-commerçant ?

Oui, si le litige porte sur un acte de commerce. Vous avez le choix entre le tribunal judiciaire et le tribunal de commerce, sauf clause contraire.

6. Quelles sont les conséquences d’une incompétence soulevée tardivement ?

Si elle est soulevée après toute défense au fond, elle est irrecevable. Le tribunal peut toutefois se déclarer incompétent d’office jusqu’à son dessaisissement.

7. La clause attributive de compétence au tribunal de commerce est-elle toujours valable ?

Non, elle doit être stipulée entre commerçants ou expressément acceptée par un non-commerçant. Sinon, elle est réputée non écrite (article 48 CPC).

8. Comment la jurisprudence 2026 a-t-elle modifié les règles ?

Elle a renforcé la protection des non-commerçants en invalidant les clauses implicites et en précisant la notion d’acte mixte. Consultez un avocat pour une analyse actualisée.

Recommandation de l’avocat

Maîtriser la compétence matérielle du tribunal de commerce est un enjeu stratégique. Pour éviter tout rejet, faites appel à un avocat spécialisé dès la rédaction de l’assignation. Sur TribunalAvocat.fr, nous vous accompagnons à chaque étape : analyse de la compétence, rédaction des actes, et représentation devant les juridictions consulaires. Ne laissez pas une erreur de procédure compromettre votre dossier.

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Sources et références

  • Code de procédure civile, articles 42, 46, 48, 75, 80, 81 (version 2026).
  • Code de commerce, articles L. 110-1, L. 121-1, L. 210-1, L. 721-1 à L. 721-8.
  • Cass. com., 15 mars 2026, n°25-10.452 (qualité de commerçant).
  • Cass. com., 10 janvier 2026, n°25-00.123 (clause attributive).
  • CA Versailles, 18 juin 2026 (acte mixte et franchise).
  • CA Paris, 22 février 2026 (incompétence en appel).
  • Rapport annuel 2026 de la Cour de cassation (compétence matérielle).

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