Décrire la procédure civile du tribunal de grande instance : étapes clés
Pour décrire la procédure civile du tribunal de grande instance, suivez l'assignation, la mise en état, les débats et le jugement. Ce guide pratique vous explique chaque phase avec clarté.

Vous cherchez à décrire la procédure civile du tribunal de grande instance de manière claire et complète ? Que vous soyez justiciable ou professionnel, comprendre le parcours d’une affaire civile est essentiel pour anticiper les délais, respecter les formalités et surtout préparer votre stratégie avec un avocat. Le tribunal de grande instance (TGI) – devenu tribunal judiciaire depuis 2020, mais dont la procédure conserve les mêmes fondamentaux – est la juridiction de droit commun pour les litiges civils dépassant 10 000 € ou concernant l’état des personnes.
Dans cet article, nous allons décrire la procédure civile du tribunal de grande instance étape par étape : de l’assignation au jugement, en passant par la mise en état, les incidents, les plaidoiries et les voies de recours. Chaque phase sera accompagnée de conseils pratiques d’avocat et des textes de loi applicables (CPC, Code de l’organisation judiciaire).
Notre cabinet TribunalAvocat.fr vous accompagne à chaque étape. Voici un guide actualisé 2026, intégrant les dernières évolutions jurisprudentielles et les bonnes pratiques pour optimiser vos chances de succès.
📌 Points clés couverts
- ✔️ Saisine du tribunal : assignation et requête
- ✔️ Phase de mise en état et rôle du juge
- ✔️ Échanges de conclusions et pièces
- ✔️ Clôture et fixation de l’audience
- ✔️ Débats, plaidoiries et délibéré
- ✔️ Jugement et voies de recours (appel, opposition)
- ✔️ Frais, dépens et exécution provisoire
- ✔️ Rôle de l’avocat dans chaque étape
1. Introduction : le cadre du tribunal de grande instance (judiciaire)
Depuis le 1er janvier 2020, le tribunal de grande instance (TGI) a fusionné avec le tribunal d’instance pour devenir le tribunal judiciaire. Cependant, les règles de procédure civile antérieures restent largement applicables, et on parle encore couramment de « procédure TGI ». Le tribunal judiciaire connaît de tous les litiges civils non spécialisés, notamment :
- Litiges contractuels, responsabilité civile, immobilier, successions,
- Divorce, autorité parentale, filiation,
- Propriété intellectuelle, baux commerciaux,
- Demandes supérieures à 10 000 € ou indéterminées.
2. Phase 1 : L’assignation et la saisine du tribunal
Toute procédure civile débute par un acte introductif d’instance : l’assignation. Cet acte est délivré par un commissaire de justice (anciennement huissier) et contient les prétentions du demandeur, les moyens de fait et de droit, et les pièces sur lesquelles il se fonde. L’assignation doit respecter les mentions obligatoires de l’article 56 CPC.
2.1 Les délais et formalités
Le demandeur doit signifier l’assignation au défendeur au moins 15 jours avant la date d’audience d’orientation (sauf procédure accélérée). Le défendeur doit constituer avocat dans les 15 jours suivant la signification, sous peine de jugement réputé contradictoire.
3. Phase 2 : La mise en état – le rôle central du juge
Une fois l’affaire enrôlée, elle est confiée à un juge de la mise en état (JME). Cette phase est cruciale : elle organise l’instruction, fixe un calendrier, et veille à ce que les parties échangent leurs pièces et conclusions dans les délais. Le JME peut ordonner des mesures d’instruction (expertise, enquête, comparution personnelle).
3.1 Les pouvoirs du juge de la mise en état
Le JME peut :
- Faire injonction de communiquer des pièces (art. 133 CPC),
- Ordonner une médiation (art. 131-1 CPC),
- Statuer sur les incidents de procédure (nullités, fins de non-recevoir),
- Prononcer la clôture partielle ou totale.
4. Phase 3 : Échanges de conclusions et incidents
Les parties échangent des conclusions (écritures) qui exposent leurs arguments et leurs demandes. Le demandeur doit conclure dans le délai imparti, puis le défendeur, et ainsi de suite jusqu’à ce que le juge estime l’affaire en état d’être jugée. Chaque conclusion doit être notifiée par RPVA et déposée au greffe.
4.1 Les incidents de procédure
Il arrive que des incidents surviennent : demande de communication de pièces, nullité de l’assignation, péremption d’instance, ou encore intervention d’un tiers. Le juge de la mise en état statue par ordonnance, susceptible d’appel dans certains cas.
5. Phase 4 : Clôture et audience de plaidoiries
Lorsque le juge de la mise en état estime que l’affaire est prête, il rend une ordonnance de clôture. Aucune nouvelle conclusion ni pièce ne peut plus être produite après cette date, sauf décision contraire du juge. L’affaire est alors fixée à une audience de plaidoiries devant la formation de jugement.
5.1 Déroulement de l’audience
L’audience est publique (sauf exceptions). Chaque avocat expose oralement ses arguments, mais peut se référer à ses conclusions écrites. Le juge pose souvent des questions. La durée moyenne d’une audience est de 30 minutes à 2 heures selon la complexité.
6. Phase 5 : Délibéré et jugement
Après l’audience, l’affaire est mise en délibéré. Les juges examinent les pièces, les conclusions et la plaidoirie. Le jugement est généralement rendu dans un délai de 2 à 6 semaines. Il est notifié aux parties par le greffe ou par avocat.
6.1 Le contenu du jugement
Le jugement doit comporter : l’exposé des prétentions, les motifs, le dispositif (décision), et les condamnations éventuelles. Il mentionne également les voies de recours et les délais.
7. Phase 6 : Voies de recours
Le jugement peut être contesté par :
- Appel : dans le mois suivant la notification (sauf bref délai de 15 jours pour les ordonnances de référé). La cour d’appel rejuge l’affaire en fait et en droit.
- Opposition : si le jugement a été rendu par défaut (défendeur non comparant).
- Pourvoi en cassation : uniquement pour violation de la loi, dans les 2 mois.
8. Phase 7 : Exécution et frais
Une fois le jugement définitif (ou assorti de l’exécution provisoire), le créancier peut engager des mesures d’exécution : saisie des comptes, saisie immobilière, etc. Les dépens (frais de justice) sont généralement à la charge de la partie perdante, sauf décision contraire du juge.
8.1 Les frais irrépétibles (article 700 CPC)
Le juge peut condamner la partie perdante à payer à l’autre une somme au titre des frais d’avocat non compris dans les dépens. Cette somme est variable (de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros).
⚖️ Textes applicables (Code de procédure civile & Code de l’organisation judiciaire)
- Art. 42 CPC – Compétence territoriale : le tribunal du lieu où demeure le défendeur.
- Art. 56 CPC – Mentions obligatoires de l’assignation.
- Art. 133 CPC – Injonction de communiquer les pièces.
- Art. 131-1 CPC – Médiation judiciaire.
- Art. 2240 Code civil – Prescription extinctive (fin de non-recevoir).
- Art. 462 CPC – Rectification des erreurs matérielles.
- Art. 700 CPC – Frais irrépétibles.
- Loi n°2023-1059 du 20 novembre 2023 – Programmation justice 2023-2027 (simplification des procédures).
✅ Points essentiels à retenir
- La procédure civile devant le TGI (tribunal judiciaire) comporte 7 phases clés : assignation, mise en état, échanges de conclusions, incidents, clôture, plaidoiries, jugement et recours.
- L’avocat est obligatoire pour les litiges > 10 000 € ou indéterminés (sauf exceptions).
- Les délais sont stricts : 15 jours pour constituer avocat, 1 mois pour faire appel.
- Le juge de la mise en état est un acteur clé : il peut ordonner des mesures d’instruction et trancher des incidents.
- La jurisprudence 2025-2026 renforce la rigueur sur la forme des conclusions et la motivation des décisions.
- L’exécution provisoire permet d’obtenir l’exécution du jugement malgré un appel.


