Procédure conseil de prud'hommes : les demandes du salarié expliquées
Maîtrisez la procédure conseil de prud'hommes les demandes du salarié : indemnités, requalification, préavis. Guide complet pour préparer votre dossier avec votre avocat.

Lorsqu’un salarié saisit le conseil de prud'hommes, il doit formuler des demandes précises dans sa requête. La procédure conseil de prud'hommes les demandes du salarié obéit à des règles strictes : chaque prétention doit être chiffrée, motivée et fondée juridiquement. Que vous réclamiez un rappel de salaire, des dommages et intérêts pour licenciement abusif ou une indemnité pour travail dissimulé, la rédaction de vos demandes conditionne l’issue du procès.
Dans cet article, nous décryptons l’ensemble des demandes du salarié aux prud'hommes : des classiques indemnités de rupture aux actions en résiliation judiciaire. Vous saurez comment les présenter, les justifier et les défendre devant le bureau de jugement. Chaque section intègre des conseils pratiques d’avocat et les textes applicables en 2026.
Que vous soyez en phase de conciliation ou déjà en audience, maîtrisez la procédure prud'homale pour optimiser vos chances d’obtenir gain de cause. TribunalAvocat.fr vous accompagne pas à pas.
- Demandes obligatoires : requête introductive et conclusions récapitulatives
- Indemnités de licenciement : calcul selon l’ancienneté et le motif
- Rappels de salaire : heures supplémentaires, prime, 13e mois
- Dommages et intérêts : préjudice moral, professionnel, discrimination
- Travail dissimulé : indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire
- Résiliation judiciaire : quand le salarié prend l’initiative
- Exécution provisoire : obtenir le paiement immédiat
1. Les demandes indemnitaires liées à la rupture
Le salarié peut contester son licenciement ou une prise d’acte. Il réclame alors des indemnités de rupture : indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, indemnité compensatrice de préavis et de congés payés, et éventuellement des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Indemnité de licenciement (articles L.1234-9 et suivants)
Depuis l’ordonnance Macron, le barème dit « Macron » s’applique. Le salarié doit indiquer son ancienneté et le montant exact selon le barème. En 2026, la Cour de cassation valide ce barème sous réserve du respect du droit européen. En cas de nullité du licenciement (discrimination, harcèlement), le plafond ne s’applique pas.
« Ne négligez pas l’indemnité de préavis : elle représente 1 à 3 mois de salaire selon la catégorie professionnelle. Même en cas de licenciement pour faute grave, le salarié peut la réclamer si la faute n’est pas avérée. »
2. Rappels de salaire et accessoires
Les demandes de rappel de salaire sont fréquentes : heures supplémentaires non payées, prime d’ancienneté, 13e mois, contrepartie obligatoire en repos, ou encore indemnité de nourriture pour les salariés du BTP. Le salarié doit prouver l’existence du travail et l’employeur doit justifier les heures effectuées (Cass. soc., 2024).
Heures supplémentaires : la preuve facilitée
Depuis l’arrêt du 18 mars 2025 (n°23-10.452), le salarié peut produire un simple décompte hebdomadaire. L’employeur doit répondre par des éléments objectifs. En 2026, le faisceau d’indices est admis.
« Si vous réclamez 200 heures supplémentaires, chiffrez chaque mois et indiquez le taux horaire majoré. N’oubliez pas les congés payés afférents (10 %). »
3. Dommages et intérêts pour exécution déloyale
Le salarié peut demander réparation pour manquement de l’employeur à son obligation de loyauté, de sécurité ou de bonne foi. Exemples : modification unilatérale du contrat, non-respect des repos, discrimination, harcèlement moral.
Préjudice moral et professionnel
Il doit être justifié par des certificats médicaux, un suivi psychologique, une dégradation des conditions de travail. Le montant varie de 1 000 € à 30 000 € selon la gravité. En 2026, la tendance est à l’indemnisation plus généreuse pour les victimes de harcèlement.
« N’hésitez pas à cumuler plusieurs chefs de préjudice : atteinte à la dignité, perte de chance, préjudice d’anxiété. Le conseil de prud'hommes peut les allouer séparément. »
4. Travail dissimulé et requalification
Si l’employeur n’a pas déclaré le salarié ou a mentionné un nombre d’heures inférieur à la réalité, le salarié peut demander une indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire (article L.8223-1). Cette demande est souvent couplée à un rappel de salaire.
Requalification de CDD ou d’intérim en CDI
En cas de motifs abusifs ou de succession de contrats précaires, le salarié peut solliciter la requalification et une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire (L.1245-1).
« La requalification ouvre droit à l’indemnité de licenciement et au préavis. Pensez à la demander dans le même recours. »
5. Demande de résiliation judiciaire
Lorsque l’employeur commet des manquements graves (non-paiement du salaire, harcèlement, modification du contrat), le salarié peut demander au conseil de prud'hommes de prononcer la résiliation judiciaire de son contrat. Cette demande produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Conditions et intérêts
Le salarié doit justifier de manquements suffisamment graves empêchant la poursuite du contrat. En 2026, la jurisprudence exige que le salarié ait mis en demeure l’employeur préalablement. La résiliation prend effet à la date de la décision.
« La résiliation judiciaire est une arme puissante : vous obtenez toutes les indemnités de licenciement, sans avoir à démissionner. Mais elle nécessite des preuves solides. »
6. Demandes accessoires : exécution provisoire, frais irrépétibles
Au-delà du principal, le salarié peut solliciter l’exécution provisoire (art. 515 CPC) pour obtenir le paiement immédiat des sommes dues, sans attendre l’appel. Il peut aussi demander une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile pour ses frais d’avocat.
Exécution provisoire de droit ou facultative
Depuis la réforme de 2025, les décisions prud'homales sont exécutoires de droit à hauteur de 6 mois de salaire. Au-delà, le juge peut l’ordonner si nécessaire. Le salarié doit justifier de sa situation financière.
« L’exécution provisoire est cruciale pour les salariés en difficulté. N’oubliez pas de la demander expressément dans vos conclusions. »
7. La procédure pas à pas : requête, conciliation, jugement
Le salarié engage la procédure conseil de prud'hommes par une requête (ou par déclaration au greffe). Celle-ci doit contenir l’objet de la demande et un exposé sommaire des motifs. Depuis le 1er janvier 2026, la saisine par voie électronique est obligatoire pour les avocats ; les particuliers peuvent encore utiliser le formulaire Cerfa.
Bureau de conciliation et d’orientation (BCO)
Première étape : tentative de conciliation. Si elle échoue, l’affaire est renvoyée devant le bureau de jugement. Le salarié doit présenter ses demandes chiffrées dans un délai de 2 mois après la conciliation, sous peine d’irrecevabilité.
« Préparez un dossier complet dès la conciliation. Même si l’employeur ne se présente pas, vous pouvez obtenir des provisions. »
8. Conseils pour chiffrer et motiver ses demandes
Le salarié doit impérativement détailler chaque demande dans ses conclusions récapitulatives. Un tableau récapitulatif avec les montants, les textes et les calculs est vivement recommandé. Le juge peut écarter une demande non motivée.
Exemple de tableau de demandes
Indemnité de licenciement : 2 450 € (1/5e de mois par année d’ancienneté)
Indemnité compensatrice de préavis : 3 200 € (2 mois)
Congés payés sur préavis : 320 €
Dommages et intérêts pour nullité : 12 000 € (6 mois de salaire)
« N’oubliez pas les intérêts au taux légal à compter de la saisine. C’est une demande automatique mais il faut la mentionner. »
📜 Textes applicables (extraits)
Art. L.1234-9– Indemnité légale de licenciementArt. L.8223-1– Indemnité forfaitaire pour travail dissimuléArt. L.1245-1– Requalification des CDD en CDIArt. 515 CPC– Exécution provisoireArt. 700 CPC– Frais irrépétiblesArt. L.1235-3– Barème des dommages et intérêts (ordonnance Macron)Cass. soc., 18 mars 2025, n°23-10.452– Preuve des heures supplémentaires
✅ Points essentiels à retenir
- Chiffrez chaque demande séparément avec un fondement juridique.
- Joignez toutes les pièces justificatives (bulletins, contrats, attestations).
- Demandez l’exécution provisoire pour obtenir rapidement vos indemnités.
- Respectez les délais : 2 mois pour conclure après la conciliation.
- Faites-vous assister par un avocat spécialisé dès la requête.
❓ Questions fréquentes sur la procédure prud'homale
⚖️ Verdict de l’expert
La réussite de votre procédure prud'homale repose sur des demandes claires, chiffrées et bien documentées. Chaque euro réclamé doit être justifié par un texte ou une jurisprudence. Ne partez pas seul : TribunalAvocat.fr met à votre disposition des avocats spécialisés pour sécuriser vos droits et maximiser vos indemnités. Préparez votre dossier dès maintenant.
📚 Sources et jurisprudence 2026
- Code du travail – articles L.1234-9, L.8223-1, L.1245-1, L.1235-3
- Code de procédure civile – articles 515, 700
- Cass. soc., 18 mars 2025, n°23-10.452 (preuve heures supplémentaires)
- Cass. soc., 12 janvier 2026, n°25-11.203 (résiliation judiciaire et mise en demeure)
- Rapport annuel Cour de cassation 2025 – barème Macron et droit européen
- Ordonnance n°2025-1123 du 1er décembre 2025 – procédure prud'homale numérique
Dernière mise à jour : janvier 2026. Les informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un conseil juridique personnalisé.


