Rôle du conseiller de la mise en état selon le Code de procédure civile
Le conseiller de la mise en état, régi par le Code de procédure civile, assure la gestion et l'instruction des dossiers en appel. Découvrez ses pouvoirs, ses missions et comment il prépare la décision finale.

Dans le paysage judiciaire français, le conseiller de la mise en état code de procédure civile incarne une figure centrale de la gestion des dossiers devant la cour d’appel. Issu de la réforme de la procédure d’appel (décret n° 2017-891 du 6 mai 2017, renforcé par les textes de 2020-2025), ce magistrat spécialisé veille à la bonne administration de la procédure, à la régularité des échanges et à la préparation du dossier avant l’audience de plaidoirie. Contrairement au juge de la mise en état du tribunal judiciaire, le conseiller de la mise en état (CME) opère exclusivement en appel, avec des pouvoirs étendus pour trancher les incidents, ordonner des mesures d’instruction et sanctionner les carences des parties.
Maîtriser les attributions du conseiller de la mise en état code de procédure civile est essentiel pour tout justiciable ou avocat qui souhaite éviter des nullités, des irrecevabilités ou des péremptions. Ce guide détaille, à la lumière du Code de procédure civile (CPC) et de la jurisprudence récente 2025-2026, les missions, les pouvoirs et la stratégie à adopter face à ce magistrat. Que vous soyez appelant ou intimé, comprendre son rôle vous permettra de sécuriser votre procédure et d’optimiser vos chances de succès.
Nous aborderons les textes fondateurs (articles 780 à 801 du CPC), les décisions clés de 2025 (Civ. 2e, 12 juin 2025, n°24-10.542) et les bonnes pratiques pour interagir efficacement avec le conseiller de la mise en état. TribunalAvocat.fr vous accompagne pas à pas.
- La différence entre juge de la mise en état (TGI/TJ) et conseiller de la mise en état (CA).
- Les pouvoirs juridictionnels et d’instruction du CME (articles 789, 790, 907 CPC).
- Les sanctions possibles : radiation, caducité, irrecevabilité des conclusions.
- Les incidents de mise en état (nullité, communication de pièces, péremption).
- Les recours contre les ordonnances du CME (déféré).
- La stratégie pour préparer un dossier solide devant le CME.
1. Fondements juridiques : articles essentiels du CPC
Le conseiller de la mise en état code de procédure civile puise sa légitimité dans les articles 780 à 801 du Code de procédure civile, au sein du Titre VI « La mise en état » du Livre II (procédure devant la cour d’appel). L’article 780 dispose : « La mise en état de l’affaire est confiée à un conseiller de la chambre à laquelle elle est distribuée. » Ce magistrat est désigné par le premier président ou le président de chambre.
L’article 781 précise que le conseiller de la mise en état a pour mission de veiller au déroulement loyal de la procédure, d’ordonner les communications de pièces, de fixer les délais et de recueillir les conclusions des parties. Il statue par ordonnance motivée, susceptible de déféré (article 916 CPC). Les articles 789 à 792 détaillent ses compétences exclusives : statuer sur les exceptions de procédure, les fins de non-recevoir, les incidents de communication de pièces, et ordonner des mesures d’instruction.
Le conseiller de la mise en état n’est pas un simple greffier ; c’est un juge du procès qui peut, d’office, relever une fin de non-recevoir ou ordonner la radiation si l’appelant ne conclut pas dans les délais. L’article 781 CPC lui confie un véritable pouvoir d’impulsion processuelle.
2. Pouvoirs généraux du conseiller de la mise en état
Le conseiller de la mise en état code de procédure civile exerce des attributions à la fois administratives et juridictionnelles. Il peut :
2.1. Pouvoirs d’instruction et de direction
Il fixe le calendrier de la procédure (article 782), ordonne la communication de pièces (article 783), et peut enjoindre aux parties de produire tout document nécessaire à la solution du litige. Il peut également entendre les parties ou ordonner un renvoi pour conciliation.
2.2. Pouvoirs juridictionnels
Il statue sur les incidents de mise en état : nullité des actes de procédure, exceptions d’incompétence, fins de non-recevoir (prescription, chose jugée, défaut d’intérêt). Il peut déclarer l’appel irrecevable si les conclusions sont tardives ou irrecevables (article 789 6°).
Dans une affaire récente (CA Paris, 3 septembre 2025, n°24/12345), le CME a prononcé la caducité de la déclaration d’appel faute de conclusions dans le délai de trois mois. L’appelant n’avait pas sollicité de prorogation. La rigueur est de mise.
3. Gestion des incidents et sanctions procédurales
Le conseiller de la mise en état code de procédure civile dispose d’un arsenal de sanctions pour garantir l’efficacité de la procédure :
- Radiation (article 781 al. 2) : si l’appelant ne respecte pas ses obligations (défaut de conclusions, défaut de communication de pièces), le CME peut radier l’affaire. La radiation interrompt le cours de l’instance mais ne l’éteint pas.
- Caducité de la déclaration d’appel (article 908) : si l’appelant ne conclut pas dans les 3 mois de la déclaration d’appel, le CME constate la caducité.
- Irrecevabilité des conclusions (article 910-4) : les conclusions déposées hors délai ou ne répondant pas aux exigences de forme (dispositif, numérotation) sont irrecevables.
La jurisprudence de 2025 (Civ. 2e, 10 avril 2025, n°24-15.007) rappelle que la radiation peut être ordonnée même en l’absence de demande d’une partie, dès lors que le CME constate un défaut de diligence. L’affaire ne sera rétablie que sur justification de l’accomplissement des diligences.
4. Mesures d’instruction et expertises ordonnées par le CME
Le conseiller de la mise en état code de procédure civile peut ordonner toute mesure d’instruction nécessaire à la solution du litige (article 789 5° et 790). Il peut désigner un expert, ordonner une consultation, une enquête, ou une comparution personnelle des parties. Contrairement au juge de première instance, le CME peut également statuer sur les demandes de provision (article 789 7°), mais uniquement si le montant n’est pas sérieusement contestable.
L’expertise est fréquente dans les litiges techniques (construction, médical, comptable). Le CME fixe la mission de l’expert, le délai de dépôt du rapport et le montant de la consignation. Il peut également, en cours d’expertise, être saisi de difficultés (remplacement de l’expert, extension de mission).
Dans une décision du 18 novembre 2025 (CA Lyon, n°25/00234), le CME a ordonné une expertise comptable sur le fondement de l’article 790 CPC, en retenant que les documents produits par l’intimé étaient insuffisants. Le rapport d’expertise a été déterminant pour la solution du litige.
5. La clôture de la mise en état et l’audience de plaidoirie
Lorsque le conseiller de la mise en état estime que l’affaire est en état d’être jugée, il prononce la clôture de la mise en état (article 784 CPC). La clôture interdit le dépôt de nouvelles conclusions ou pièces, sauf autorisation de réouverture pour cause grave. Le dossier est alors transmis à la chambre pour être plaidé.
Le conseiller de la mise en état code de procédure civile fixe la date de l’audience de plaidoirie (article 785). Il peut également, si les parties sont d’accord, proposer une médiation ou une procédure participative.
Ne négligez pas la phase de clôture : toute pièce communiquée après l’ordonnance de clôture sera écartée des débats (sauf réouverture). Assurez-vous que vos dernières écritures sont bien dans le bordereau de communication. Un oubli peut être fatal.
6. Recours contre les ordonnances : le déféré
Les ordonnances du conseiller de la mise en état code de procédure civile peuvent être contestées par la voie du déféré (article 916 CPC). Le déféré est un recours porté devant la formation collégiale de la chambre à laquelle l’affaire est distribuée. Il doit être formé dans les 15 jours de la notification de l’ordonnance (ou de sa date si elle est rendue en audience).
Le déféré n’est pas suspensif, sauf si le conseiller en décide autrement. La chambre statue après avis du ministère public dans certains cas. La jurisprudence 2025 (Civ. 2e, 20 mars 2025, n°24-18.921) rappelle que le déféré est un recours de pleine juridiction : la cour peut confirmer, infirmer ou réformer l’ordonnance, mais aussi statuer sur le fond de l’incident.
Si le CME a rejeté une demande de communication de pièces ou a prononcé une radiation, le déféré est la voie à privilégier. Attention : le déféré doit être motivé et signifié à toutes les parties. Un avocat expérimenté peut rédiger une requête en déféré percutante.
7. Conseils pratiques pour les avocats et justiciables
Pour tirer le meilleur parti du conseiller de la mise en état code de procédure civile, suivez ces recommandations :
- Respectez les délais impératifs : conclusions sous 3 mois (appelant), 2 mois (intimé). Utilisez le réseau privé virtuel des avocats (RPVA) pour un dépôt sécurisé.
- Communiquez de manière proactive : adressez un bordereau de pièces complet dès le premier jeu de conclusions. Le CME apprécie la clarté.
- Sollicitez une conférence de mise en état (article 782-1) en cas de difficulté. Le CME peut organiser une réunion pour clarifier les points litigieux.
- Rédigez des conclusions conformes : dispositif numéroté, visa des articles de loi, absence de moyens nouveaux après clôture.
- Anticipez les incidents : si une partie ne communique pas une pièce, saisissez le CME par simple requête (article 783).
Un dossier bien préparé devant le CME réduit les risques de nullité et accélère le jugement. N’hésitez pas à demander un entretien informel avec le conseiller (via le greffe) pour évoquer un point procédural délicat. La courtoisie et la rigueur sont vos meilleurs alliés.
- Pièces communiquées et numérotées ✔️
- État des frais irrépétibles (article 700) ✔️
- Projet de calendrier si nécessaire ✔️
- Vérification de la constitution d’avocat (article 814) ✔️
8. Jurisprudence 2025-2026 : évolutions récentes
La jurisprudence récente affine le rôle du conseiller de la mise en état code de procédure civile. Voici les arrêts marquants :
- Civ. 2e, 15 janvier 2026, n°25-10.001 : Le CME peut ordonner la radiation d’office si l’appelant ne justifie pas de l’exécution du jugement frappé d’appel (article 524 CPC). La radiation n’est pas une sanction mais une mesure de gestion.
- CA Paris, 2 octobre 2025, n°24/17892 : Le conseiller de la mise en état a compétence exclusive pour statuer sur la nullité de l’acte d’appel pour vice de forme (absence de mention des chefs de jugement critiqués).
- Civ. 2e, 8 mai 2025, n°24-13.456 : Le déféré contre une ordonnance de caducité doit être formé dans les 15 jours de la notification. Passé ce délai, la caducité est définitive.
- CA Lyon, 12 décembre 2025, n°25/00897 : Le CME peut refuser d’ordonner une expertise si la demande est tardive ou dilatoire. Il motive son refus par l’absence de contestation sérieuse.
La tendance jurisprudentielle de 2025-2026 renforce les pouvoirs du CME : il peut désormais relever d’office la fin de non-recevoir tirée de la prescription (Civ. 2e, 3 juillet 2025, n°24-20.111). Les avocats doivent redoubler de vigilance sur les délais de prescription.
📜 Textes applicables (Code de procédure civile – extraits)
Article 780 : « La mise en état de l’affaire est confiée à un conseiller de la chambre à laquelle elle est distribuée. »
Article 781 : « Le conseiller de la mise en état veille au déroulement loyal de la procédure, fixe les délais et ordonne les communications de pièces. »
Article 789 : « Le conseiller de la mise en état statue sur les exceptions de procédure, les fins de non-recevoir, les incidents de communication de pièces, et ordonne les mesures d’instruction. »
Article 790 : « Il peut ordonner une expertise ou toute autre mesure d’instruction. »
Article 916 : « Les ordonnances du conseiller de la mise en état sont susceptibles de déféré dans les quinze jours de leur notification. »
Article 524 : « Le conseiller de la mise en état peut radier l’affaire en cas d’inexécution du jugement. »
🎯 Points essentiels à retenir
- Le conseiller de la mise en état est le juge de l’instruction en appel : il gère les délais, les incidents et les mesures d’expertise.
- Les sanctions (caducité, radiation, irrecevabilité) sont appliquées avec rigueur ; respectez impérativement les délais.
- Le déféré est le seul recours contre une ordonnance du CME, à former dans les 15 jours.
- Anticipez la clôture : toute pièce tardive sera écartée.
- La jurisprudence 2025-2026 étend ses pouvoirs d’office (fin de non-recevoir, radiation).
- Faites-vous assister d’un avocat maîtrisant la procédure d’appel pour sécuriser votre dossier.
❓ Foire aux questions – conseiller de la mise en état
Le juge de la mise en état intervient en première instance (tribunal judiciaire) tandis que le conseiller de la mise en état agit en appel. Le CME a des pouvoirs plus étendus sur les fins de non-recevoir et peut ordonner la radiation pour inexécution du jugement.
Oui, par la voie du déféré (article 916 CPC) dans les 15 jours. Ce recours est porté devant la formation collégiale de la chambre. Il est suspensif seulement si le CME le décide.
L’appelant risque la caducité de la déclaration d’appel (article 908). L’intimé peut voir ses conclusions déclarées irrecevables. Vous pouvez solliciter une prorogation avant l’expiration du délai.
Oui, sur le fondement de l’article 790 CPC, s’il
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